dimanche 7 août 2016

Suture 2



Cloué au pilori malfamé de l'exorcisme institutionnel l'esprit tuteuré s'étreint et s'extrait du corps départi de la peau ténue terrifiante osmose de la réalité qui montre l'envie de passer à l'acte paroles en l'air depuis l'air de rien ricanements insouciants qui volent au secours de l'inconscience ivre ici-bas illisible mystère de la parole qui tente d'esquiver sa mise à mort du récit pour lancer le cri qui tombe et échoue au bas mot de l'esprit retors tentative vulgaire d'enfermer le récit dans une imagerie qui tourne court pour caresser le réel le livrer au calvaire de la grammaire indice d'un temps inventaire des images assoupies face à la musique qui rend compte d'une poursuite insaisissable du présent sauf à entendre ce que l'image traverse depuis l'entendement que l'esprit semble restituer en voix illuminant la chair en la soumettant au tremblement du désir en jeu dans la jouissance pour absorber et béatement soumettre l'air au sang renversant du véridique assaut de la vie contre cette finitude du corps pensant sa fin chasse gardée du renflement de la peau temps qui renvoi l'étreinte au commencement investi par l'outrage fait à l'au-delà incommensurable face à face avec le sacré encore trop présent pour montrer un discours qui ne soit pas sourd à ce qui naît à ce qui puise dans l'immanence de la peinture encore pleine d'intérêt par les temps qui courent à cause de l'irréalité que le désir se doit d'exprimer dans d'inquiétantes expériences nommées en d'érotiques transfigurations pour faire croire que le corps s'éclate quel court-circuit le corps vidé à posséder à rentrer et à sortir de cette possession dont parle la chair tant que se montre l'enivrante explosion de ces corps traversés par leur transparente tentation d'exister d'ouverture et de fermeture quel cloaque qui s'ouvre pour laisser entrer la peinture là où l'être prend en charge la danse insurrectionnelle de la chair en musique s'il plaît à l'esprit de l'imprimer de l'intensifier corps qui concomitant se balance va dans la découpe mémoire insupportée par l'envie pressante de penser corps capté par l'innommable indécence de la fin et du début de la vie le jour et la nuit pour rêver l'infini.




Thierry Texedre, le 7 août 2016.    






vendredi 5 août 2016

Errance

Errance

Jour de joie quelle improvisation
sur l'eau on débarque sans raison
tout autour les sables de Loire
semblent au repos jusqu'au soir
la Sterne pierregarin désespoir
aidant s'en va voler autre part
au passage de la belle gabare
la voile au vent chaud et gredin
destination Candes-Saint-Martin
où la Vienne nous attend noire
profonde et agitée en territoire
d'Indre-et-Loire invitant touristes
et badauds à visiter l'universaliste
histoire qui s'offre au regard accaparé
ébahi de la faune humaine agglutinée
pourtant le temps va s'allonger lent
et paisible lorsqu'on atteint indolent
le soir qui rougeoie en peint les cimes
peupliers et saules pleurent sublimes.


Thierry Texedre, le 5 août 2016.






























jeudi 4 août 2016

Métatexte





Métatexte

Courir.
Souffler... Sortir du noir ?
Être dans l'occultation de soi !
Avoir soif de vivre quoi ?
Marcher.
Longer un mur... En sortir.
Souffler à nouveau, encore...
Encoder des notes, chiffrer, lire.
Liberté de lire.
Coucher sur le papier.
Se coucher.
Le rêve vient assez tôt.
Quoi de neuf par ici ? Sinon rien par là !
Vider de son sens la parole exacte.
Extériorité du texte dans la parole inappropriée...
Changement de page.
On tourne le dos, ça sent bon le sens...
On s'arrête.
On repart.
Silence... Point d'achoppement du sens en sens du corps présent.
En présence de ce corps en choc, état de nausée du discours indiscret...
Autre jaillissement verbale.
Saut depuis l'intérieur, inconsistance de l'inconscient devant l'âge...
Silence.
Suite en bruit sourd suivi d'un autre silence.
Gramme d'un texte à venir qui pousse la jouissance où commence le temps.
Le temps qui vole au secours du corps exactement là où la chair chasse ?
Tombe le trait sur la feuille.
Griffonnage, gribouillis, ratures, biffures, taches...
Encre.
Noir intense, présentant une osmose avec de futures couleurs à observer.
Essai.
Peindre.
Sortir du noir...
Encore courir pour se plonger dans les couleurs, soulever le sens, et l'ôter.
Sans suite...
Quelle surprise, le temps prend l'image dans ses filets.



Thierry Texedre, le 4 août 2016.







mercredi 3 août 2016

Prière





Prière 

Salut reine
espoir surmontoir de la vie
chevillé au corps
par tous les schismes
de la terre escamotée
depuis l'origine des temps
immémoriaux
vois ce sacré
temple de la parole
qui dicte l'avant
pour faire du temps futur
l'étreinte éternelle
qui montre l'esprit
et la pensée
que l’œil tempéré
tente de s’extasier
par les pieds et mains libres
en prière en voix en désir
infini d'aimer tête
en amont en aval bercé
par le soleil levant
vois ce tempérament
ce regard tourné
en gémissant
en pleurant
la vie qui la pense
belle occurrence
soit bénie entre toutes les morts
passées et futures
douce dame qui prie
et cherche la perfection
montrez-nous ce lieu
salvateur de la raison
partout où toutes les passions
envolées par les ans
et la grande guerre
que nous méditons
vient la victoire sur la mort.


Thierry Texedre, le 3 août 2016.








mardi 2 août 2016

Jeu




Clavicule dégondée du cloporte
austère en filigrane frôle l’asphyxie
astéroïde impulsive du coin de l’œil
raclure du chien enragé par le jazz
encore allumé depuis le coucher
carcasse cadavérique du chant
des oiseaux qui simulent l'éclair
le band orchestral sous les arbres
assignés à l'entre-deux dévissé
voilà le jeu pétrifié des gammes
de ces os assoiffés qui claquent.




Thierry Texedre, le 2 juillet 2016.

























Corps corollaire

Direct osmose
course poursuite
en sidération
consumé le cœur
overdose s'éteint
et renaît et pousse
fort sur l'aspiré
inspiré de la vie
en claquettes
déversées en
fracassantes
consommations
contractions
qui concordent
avec le vent
ventricule vissé
carpe diem au
corps corollaire.


Thierry Texedre, le 2 août 2016.






Image 1



Feule l'animal croc-en-jambe de ces étreintes verticales dans l'étrille étripée par les ongles ensanglantés du vent retourné à l'origine de la matière mer échouée depuis l'ombre de la parole remisée dans l'écriture en lois occultes couvertes et recouvertes par les cadavres exquis de la brume qui galvaude qui grouille jusque dans la gorge profonde de la voix encore trop salée pour faire du vrai en souffle essoufflé bien avant le coucher du soleil qui a trop chauffé trop évaporé l'eau de la vie ralentie par l'excitation de la vue encore et encore irrespectueuse de l'âme addictive à l'insolence d'une armée de soldats prêts à en découdre avec un dieu campé sur ce promontoire celui de la pandémie parole passible de mort pour avoir mis l'être au milieu d'un champ assurément libre de vivre tous les délires possibles libre de croasser pour entendre de ce lieu cette voix unanime qui réconcilie et réconforte la vie en société de ces dépenses incommensurables et irrationnelles devant le chaos indécent de la mort.



Thierry Texedre, le 2 août 2016.











jeudi 21 juillet 2016

L'auréole à l'orée de l'aurore



Course inopinée
le nez raccourci
à compter par ici
et par là le robinet
ouvert pour finir
par noyer le pire
l'énormité du dé
qui jamais n'abolira
l'apparition du verbe
décousu et sans rime.



Thierry Texedre, le 21 juillet 2016.






mercredi 20 juillet 2016

D'aucune rive

 Quelles turgescences s'imposent au règne racorni de l'indigne refrain du fantasmatique corps d'écriture étriqué enquillé ankylosé et enkysté dans les racines du chaos sinon la plaie qui frôle la jouissance divine de la peau arrachée à l'entre-jambe macabre de la reproduction le temps s'efface fuyant et impropre à fumer un joint violé par la gangrène du bec poussif d'une expulsion de la pensée risible en gloussant tout autour de la voix qui crie ulcérée par l'impossible sortie de ces mots trop découpés en saucissonnage et le cut-up de ces monstruosités la congélation en phrases apocalyptiques et irrespirables phrases hachées par la décomposition de cette chair sur l'individu illusoire qui dort pour ne plus entendre chanter les graves régurgitations des pensées passant à l'essorage plus vite à sec aspect de la face penchée sur les pieds du corps redressé avant l'enterrement la mise en boite la programmation pour faire disparaître par un court-circuit d'excrémentielles paroles le dire immonde qui tue le monde avant que celui-ci n'entre dans l'hypothétique éternité du néant numismatique.





                       Thierry Texedre, le 20 juillet 2016.












dimanche 17 juillet 2016

Concertation





Concertation

Par quelle force
indécelable le corps
prend en charge
ce tempo nauséeux
qui gouverne la pensée
pour la décider à faire
face à cette perte d'énergie
qui explose depuis
la mémoire et l'espace
musculaire d'un corps
ce manque de décision
cette mémoire arc-boutée
sur un vide qui s'étire
et s'agrandit jusqu'à
ce que la matière cérébrale
retourne à l'origine
de cette glorieuse découverte
qui monte et montre
au nouveau-né qu'un
temps va apparaître mêlé
d'apprentissages ou
de constructions encodées
pour lier au social
l'esprit animé d'un partage
socle inusité nouveau monde
qui s'éveille à la reconnaissance
origine qui prend forme
dans un corps relégué
à l'expulsion la cessation
l'extinction pour finir
par ce moins qui tient
tout le corps dans sa
tyrannique exterritorialité
lueur de l'étreinte
avec la mort qui nous
initie au risque du rien
le néant l'égaliseur
du temps dépecé
qui avale par anticipation
signe qui nous convie à la vie
par cette mémoire
qui souffre du mal de vivre
au déferlement infectieux
l'infestation qui noue
l'esprit au corps
juste où commence
l'inséparable perdition
de la mémoire au corps.


Thierry Texedre, le 17 juillet 2016.








Michel Hénocq dessin








samedi 16 juillet 2016

Plein comme un corps trop nu




Plein comme un corps trop nu

Plein en ce début de journée dans l'ombre d'une ruelle aux murs rapprochés et trop hauts pour laisser passer les rayons du soleil il se réveille presque impuissant à se lever tant des relents nauséabonds lui montent à la tête les yeux mi-clos restent encore collés aux paupières le temps de faire surface il est encore dégoûté par la soirée si bien arrosée avec les potes mais la tête tape comme gorgée aussi des alcools vidés la veille il se souvient un peu de cette superbe rencontre avec une blonde un peu dans le ton du spectacle offert à l'endroit en cette fin d'année scolaire et l'examen fêté aïe quelle torture que ces mélanges cocktails et alcools forts tout ça pour en arriver là mais bon il faut bien s'amuser pourquoi pas se défoncer pour oublier le train train de la vie et les soucis hein bon assez juré il faut se lever maintenant il essaye à nouveau de se mettre debout se tenant à une gouttière toute proche les pieds un peu rentrés et les jambes tremblantes il reprend un peu ses esprits avant de se stabiliser à la verticale les bras joints enserrant le tuyau comme pour espérer se sortir d'un mauvais pas il secoue la tête tel un chat au réveil et regarde autour de lui puis sur lui et retient sa respiration comment est-ce possible qu'il soit torse nu et la moitié du buste peint et passé au feutre et un bras aussi avec la main en plus toute noire il se touche d'autres parties mais ne voit pas son visage peint aussi quelle saoulerie c'est pas vrai que je suis imbibé de la sorte ou quoi pour m'être mis dans un tel état vers midi les rayons du soleil entrent dans la chambre à travers les rideaux tirés et il se réveille se frotte les yeux puis soulève la couette d'un mouvement brusque et regarde attentivement tout son corps nu le touche longuement et se retourne vers la glace au dessus du lit pour se regarder avide de comprendre l'histoire et là rien la peau est lisse et sans la moindre tache avait-il seulement rêvé ?



Thierry Texedre, le 16 juillet 2016.






    

mercredi 13 juillet 2016

La mort Polichinelle




La mort Polichinelle

Quatre à quatre les marches
sont descendues et remontées
par le temps pressé et dépressif
partout se montrent les langues
dédiées ou déliées autour du vol
inconnaissable de la terreur
qui manie l'ordre et l'indifférence
recluses les paroles se terrent
tant et tant de fois qu'un écrit
le demande pour démanteler
un lieu du social soulevé par
le lien inapproprié de la vie
à l'image qui se réverbère dans
l'illusion de la lumière qui luit
pour insuffler au corps un délire
d'exister l'existence de l'immortalité
de la terrifiante inexactitude de l'âme
qui vrombit en sourdine rayonnante
et immatérielle au cœur de l'être
ulcéré par la mort celle Polichinelle
d'un secret qui court partout
et surtout là où l'extrémité de la vie
vire au cauchemar l'être se masque
la face pour mieux faire croire
au secret devant l'accord social
qui frôle l'indifférence pour avoir
pris en charge l'éternité l'air de rien
que la parole reflète elle parfaitement
depuis le devant et le derrière
voilà fatidique le discours parole
qui enfle et grossit et sourd
se met en chasse d'exorciser
le cours des choses l'aventure
du corps suspendu à l'expulsion
celle de l'histoire de la terre
qui ordonne à une intronisation
avant de dépenser ce que la parole
a invité massacre primaire de
la parole en sens inverse de la vie
vraie qui marque pour passer
et non pour avancer le temps
jusqu'au point de non retour
là où l'on ne perd pas la face
pour en passer de la vie usurpée
dans un ciel glaçant d'indifférence
d'un bleu parfait au noir improvisé
du coin de l’œil n'ignore pas la
langueur de la larme qui touche
au fond dramatique de l'amour
en musique qui peint cette autre face
dans la solitude du désert fatidique
et feutré encore entrain de dire...


Thierry Texedre, le 13 juillet 2016.








dimanche 10 juillet 2016

Avant le mot né






Avertissement
Ceci est une fiction dont on
ne saurait sortir quelques
agrégats liés à la temporalité
du langage via la compréhension
de l'écrit.

Avant le mot né

Agglomérat de cellules porteuses
tendues en arc de cercle comme
pour envoyer de la matière en
état d'apesanteur vers des sites
grammaticaux encore interdits
à l'ordre actuel de la rhétorique
sous une constellation de lettres
irréconciliables et ignorées le temps
se couvre d'évitements et de remise
en forme des mots en chocs et liens
improbables mêlant sens et objets
qui vont se contracter et se couper
de la vue encore inhibée par la seule
mémoire occlusive quand à sa portée
identitaire par un pôle imaginaire
un rôle déterminant le montrant
du point de vue de l'étirement
du temps en sections liées à l'objet
inventé qu'un lien peut objectiver
l'antimatière se manifeste projection
d'une excitation du niveau rétinien
pour innerver les neurones cervicaux
et influer sur l'image qui commence
à se manifester intraduisible en mots
ce qui pense montre alors un sens
qui inaugure une multitude de circuits
entrain de passer de la matière à l'idée
idée qui interdit encore au corps d'écrire
sa pensée en mots le néant semble se
soustraire de l'extinction d'un fragment
intelligible précédent se noue un signe
en un ensemble intriqué dans la mémoire
pour commencer un recouvrement
une temporalité nouvelle onomatopées
d'une sortie en voix avant le mot né.


Thierry Texedre, le 10 juillet 2016.








vendredi 8 juillet 2016

Âmes étrangères






Âmes étrangères

Déperdition de ces âmes contaminées
par l'ange noir figure tabulaire du bon
retournement de la foi en douleur de l'âme
vilenie qui détermine l'incertaine vérité
d'un délire pris dans cet autre délire
délivrance de ces maux qui grattent
et consument l'immortalité du rêve
encré dans l'astre insupporté par la mémoire
astre de ce déviant caractère qui montre
et jette l'opprobre à l'image vulgate
l'image qui coupe dans l'histoire
d'une peinture monstrueuse de la douleur
âmes du désuet discours encore prêt
à entamer l'irréparable carnage du lien
en cela concrétisé par la parole affect
lien de la vie à l'ouvrage dans l'immensité
qu'un désir n'aura de cesse d'exalter
en jeux interdits depuis la fin insupportable
de l'érotique livré au risque de l'insignifiance
figure image bloquée dans la peinture
qui tient le temps en otage ouvrage né
de la douleur d'intenter au massacre de l'être
présent depuis l'autre rive l'animalité
d'un temps dirigé par celui de la perspective
qu'un drame puise sa chair dans
ce que la musique essaimera durant des siècles
soit dit en passant la parole musique encore
ce que la peinture n'a de cesse d'exclure
de son format la chair insignifiante
qui loupe la mort dans sa recomposition
entrée dans la danse d'une musique
illusion de l'esprit qui souffre de penser
à cause de ce rêve qui explore et implore
l'indiscrète rencontre avec ses mondes oniriques
torchis qui tombe jusqu'au dessous ossature
de l'indistinct de l'offertoire musique
du temps osé de l'os qui claque des dents
entré dans le vent des sons obliques
en joie de l'expiration de la vie depuis celle
de la souffrance excommuniée dans l'étreinte
tension de ces âmes damnées qui parlent
l'incompréhensible détention qui s'offre
à la vie trop obtuse pour être de l'être là
en réalité d'un présent impossible
à montrer et à dépasser là se dépose
la gloire du vivant en un lieu arqué
arque-bouté et prêt à entrer en guerre
avec la prière guerre des mots et sens
depuis l'entrée de la chair en mots
dépense de cette gloire qui vient
inonder la parole femme de ces pleurs
ultimes mort qui entre dans la joie
résurrection des mots qui se risquent
devant l'indicible jouissance
qui tient bon en dansant sur les corps
fantastiques de ces rêves assermentés.






Thierry Texedre, le 8 juillet 2016.











lundi 4 juillet 2016

Suture



Plage inaccessible de la raison
vois ce renflement qui montre
le crépuscule et l'austérité de
l'emberlificoté indécis baissé
prêt à montrer son intime lot
gorgé de ce suc salé ignominie
insulte au sexe brandi hautes
herbes qui ondulent dansent
et couchent l'énergumène cru
bannit sous le soleil drastique
saturne remonte à sa semence
sème la fleure depuis ce palis
surdité du carnage des veaux
qui vocifèrent de long en large
avant l'agonie devant l'autel
stase improvisée de l'extrême
onction d'un dieu intermittent
étrange circulation de la fuite
en avant de ce sang qui plonge
dans la profondeur des veines
incultes tant que la vie tient
le verbe suture fugace étreinte
fantaisie d'un corps somptueux.


Thierry Texedre, le 4 juillet 2016.







samedi 25 juin 2016

Le cloporte







Le cloporte

Dans l'ivresse du chemin
le fait du regard la déconvenue
la désillusion se métamorphose
en rapides coups du sort
pour puiser dans la mémoire
du même clapet fermé
par la peur d'exporter
ce silence qui frôle l'atermoiement
exquis de l'existence ensevelie
en bouches ouvertes puissantes
et l'essoufflement du sol gratté
quelles turpitudes et tricheries
que la parole interdite livrera
on invite au crime de ces mots
hirsutes de ces démons débusqués
dans un temps de l'apocalypse
cracher le clou frappé du corps
caverneux sourd par l'enlèvement
des ongles de la feuille noircie
extrapoler ce qui soudain naquit
de l'engoncé foutu en l'air
écarté du risque d'exister
en musique par la voix
par les ondes martelées
sur la blancheur du vrai
omniprésent quand l'air
sort de la gorge exténuée
et rétrécie au rythme insubordonné
de la terreur démasquée en drame
le drame que le sens du texte monte
tatami prêt à jouer l'étreinte
entre deux corps pincés par la pensée
traqué le cloporte dresse la table
en vertige de la terre dévorée
bois découpé en zones
arides depuis l'arithmétique
symétrique des yeux exorbités
par le pouvoir d'éradiquer
l'enjeu du corps sur la chair
damnée en vestiges de la parole.

Thierry Texedre, le 25 juin 2016.







mercredi 22 juin 2016

Chant du désespoir





Chant du désespoir


Guerre indolente psaume découpé
qui frôle l'insouciance de l'enterré
sous les bombes du massacre raté
voilà le gong qui franchit l'identité
au loin révolue longue file rayée
des blessés et assassins chassés

Semblant de réveil dans la sueur
des camps palpitant par la peur
qui franchit les barbelés la lueur
à point vient frapper les cœurs
secs tout en taisant la rumeur
espérée d'un évadé comploteur

Caprice du ciel assombri l'idiot
va se mettre à exploiter le beau
pieds perdus sans les godillots
mis au feu juste avant le garrot
qui serre le torturé en sanglots
le monte piteux sur l'escabeau

De la mort présentée d'un pas
souverain un saut dans le coma
velouté l'indignité le concorda
un désir inassouvi se poste là
plus près des ténèbres le quota
un camouflé qui ravira les rats



Thierry Texedre, le 21 juin 2016.







dimanche 19 juin 2016

Entre le ventre et la terre



Quelle est donc la surdité
qui frôle le vol irrésolu
et inquisiteur de la peur
voilà que se montre
à tous les renégats
du temps présent
l'immensité de la musique
le travers la possession
coupée du monde de ces affres
ce sacré le samaritain
qui essaime au vent la peur
de mourir la perfide occlusion
qui se dresse devant
la parole l'étreinte en
voyelles consonantes
vois ce qui te sied d'aimer
le ventre et la terre
rencontrées à la source
aveugle du temps de l'âge
il passe par là pour
intenter à la chair
la montrer conduite
aux chiens errants
et le soleil indécent
contamine puis délivre
le sang en sens inverse
peinture faite chair
dans l'écriture qui parle
une langue indécidable
qui peint sans fin
l'invasion par ces crachas
de travers l'incendie
de la tête qui maraude
en catimini enfin clouée
à la croix sans bois ni lois
dressant son sexe plein
pour lâcher en léchant
apologie du croyant
coursé par l'ignominie
de l’œil grand ouvert
au milieu du front
en suivant l'image
pour la couper du regard
incertain et teinté
d'une pâle jouissance
impropre texte invité
joues grossies par l'esprit
qui tente d'approcher
ce corps entier le montrer
s’enticher de sa peau d'os
jusqu'à la douleur
qui insiste partout
enfoncée dans les plis
de la couleur chair
en soubresauts sués
de ces verges aromatiques
par quelle surprise
s'est-elle jetée dans les abîmes
du ventre de la terre
au risque d'aller
chasser ces sens pour
partir en poussant un cri.


Thierry Texedre, le 19 juin 2016.





Gérard Titus-Carmel
suite Grünwald




















jeudi 16 juin 2016

Rêve de nuit



Le rêve de Joachim - Giotto
fresques des scènes de la vie de Joachim, 1304/1306 Chapelle Scrovegni, Padoue.



















Rêve de nuit

Du léger tremblement
qui frôle l’impérieux
désir de traverser le
temps troussé par l'art
d'écouter ces os dénudés
et explosés par l'oubli
tremblent tous les regards
sourds du grand ressentiment
quel souffrance vient se jouer
de l'insignifiance qui hurle
de long en large paisible
pour couper les os du refoulé
maudit par des paroles
ordinaires juste l'orifice
ouvert depuis ces tombeaux
inquisiteurs et inquiets
d'avorter et que presse
le temps resplendissant
en vers opalescents
l'enfant natif du monde
se pend au cou monstrueux
introduit révulsif intraduisible
la somme fêlure du con
contaminé par les cendres
du bras rencontré jusqu'au vice
introduit pour faire fuir
la surdité jusqu'au nez
de la douleur asséchée
à l'aune de ne plus croire
qu'au tremblement
la légère blessure s'ouvre
coupe en coin du corps saigné
dès sa sortie de l'enfantement
l'étreinte d'un univers clos
qui ergote en corps possédé
pour rendre à la chair le lait
bu par la sainte mère morale
emportée en airs lus paroles
arrogantes rencontre arrivée
le jour où ces ombres visitent
se mettent à danser dépouille
à peine installée dans la chair
pour se grandir du plaisir
endormir l'irréelle figure
du commencement de tout
que ce rêve nuit en bleu
tombe par l'accomplissement
de l'être qui entre en apothéose
hormis l'âme insaisissable
qu'on a interdit d'aimer
parce qu'elle est noire
rage ô quelle blessure
depuis cet indicible amour
l’œil ressort quel privilège !



Thierry Texedre, le 17 juin 2016.








mercredi 15 juin 2016

Mémoire






« Depuis la fin est-il encore possible d'écouter cette suite gothique de Boëllmann avant la mise au tombeau de ce corps apaisé »

Mémoire

Sourire de ces interpellations
qui vous emportent au vide
par cette suite gothique enjouée
orageuse et présentant un repos
est-il possible de monter
dressé au centre publique
de la vie entrain d'être étendue
à ces codes inventés qui fondent
le sens de l'existence jusqu'à
l'âme blessée par la mort montrée
sous les applaudissements du né
en outrepassant cette mémoire
qui frôle l'exclusion au moment
de la naissance vers les cieux
en cette fin de vie miraculeuse
en cette expiration de l'envie
qui s'acquitte de la nébuleuse
douleur depuis l'entourloupe
de ces couleurs grimaçantes
de ces ondes justes qui chantent
la fête d'une vraie délivrance
délitée et décapitée se fracassant
par la lecture du passé et l'art
de vivre ce présent partant épuisé
par la vitesse du corps hanté
par les tricotages et des jargonneuses
lectures d'une caresse du temps
par la respiration du silence et
pendant la grand messe des maux.


Thierry Texedre, le 15 juin 2016.









la persistance de la mémoire (montres molles), peinture (huile sur toile) de salvador dali, 1931, museum of modern art (moma) - new york 







samedi 11 juin 2016

Dissinance



En cloque la vie
sait que la vie
souffre de ne pas en dire assez
sur l'altération
sur cette surdité
qui montre le corps
calamiteux
et coupé
du fond
foutu en l'air pour avoir lu
ce que l'image ne dit pas
et qui pourtant montre
le massacre l'extinction
l'envers du décor
ce sas par lequel la disjonction
se montre au bout
là où appelle la mort
recouvrement du vrai
de ce qui est vécu mais pas lu
le véritable
nœud est là
de discourir sans lire vrai
la crise du corps qui s'est fait chair
en parlant ce faux dont on voit l'image
la vie se rattrape à agacer
la chair en la parlant en mots
érotiques qui le sont
parce que l'image
immole les signes
insignifiants du sens
des choses parce que le drame
de la naissance ressuscite
l'extinction des mots en chair
par ce soulèvement
qui frôle l'indifférence
par l'erreur des mots
et pousse et jouit
cette excrémentielle démission
de la chair pour pousser le temps
pour qu'il chute juste
pour que le vrai soit.


Thierry Texedre, le 11 juin 2016.






jeudi 9 juin 2016

Fournaise



Fort de ce cataclysmique accord
avec la mort ce corps à découvert
sort de sa gangue en langue outrée
quiproquo avec la naissance en flots
raccord de l'étreinte depuis l'éteint
ce sacré court-circuit qui force sans
rien faire entendre au cœur inspiré
par l'éternité qui referme les yeux
à ne plus fuir qu'allongée en deuil
l'ange promet-il une vie au vitriole
passant par dessus les accords ténus
d'une occultation de la chair en ordre
de bataille en balbutiant les relents
du ricanement incidemment partout
où sonnent les affaires de la mort
rient juste pour rembobiner le film.


Thierry Texedre, le 9 juin 2016.