vendredi 6 février 2026

Fuites séries


sur J. S. Bach - Kunst der Fuge , BWV 1080 ;  Marta Czech


1

(12:55/1:20:32)


Toucher le sas

rencontre involontaire

du temps décousu

ouvrir le néant

nanti de la parole

hirsute et fendue

l’amour est transit

du reste à cause de la vue

qui frôle l’amalgame

ici bas bond en arrière

jusqu’à cette mémoire

qui que quoi court

à toute vitesse sourde

au paysage rendu possible

renversé par la petite

musique qui sort du gosier

avant d’être entendue

et la peur s’éternise

partout où se tirent

les balles au coin

de la rue sur les phrases

trop noires pourquoi pas

on danse encore

sur un air d’éternité

une petite caresse

s’évertue à toucher

un corps qui n’a plus

de sens ni d’esprit

sauf celui du dehors

sorti de nulle part

et qui s’essaye à

trouver alors sa peau.


 2

(24:12/1:20:32)


En quête d’absolu

de cette errance

en rires tombe de loin

le vertige bien oublié

le poids des ivresses

s’étale et se redresse

dans ces champs

contemplés un instant

marche de cette ligne

sans fin au dessus

les étoiles et pourquoi

ces pas longent la rive

lentement au regard

de l’eau absente

de ces pensées enfin

saute sur la plaie

ouverte la plaine

entourée de paroles

qui crient la vie

et crient encore

la vie visitée de-ci

de-là puissance des

pleurs au devant

lourdeur des récits

encore atomisés

le long de ces vagues

ondulant tout en suivant

un récit qui monte

jusqu’au verbe

parcouru à fleur de peau

poussant la vie dansante

au cœur du tremblement

crépuscule tant couché

sur les herbes folles

du désert vibrant

d’une tête attentat

oh souffle sulfureux

rentre dans ta vertu

pour assoiffer le col

utérin qui s’ouvre

depuis l’infini

jusqu’au front déplié.


3

(36:58/1:20:32)


Touchant au vif le réel

ce corps est altéré mais

qu’en est-il de sa voix

il faut encore y revenir

à cette opulente tactique

trouée du désir en récit

retournant sur sa parole

ce sujet clôt semblable

au corps de la dépense

se met en risque celui

de la dépense et poussé

par le renversement né

de la mort il forclos sa

pensée jusqu’au seuil

indéterminé de la chair

de cette chair trop ouverte

pour qu’on l’entende en coin

du dedans jouant aux voix

plurielles celles du songe

qui va et vient dans l’astre

même du corps montré à

vif au cours de cette mesure

l’itinérance du court destin

s’offre en retour au cercle

de la vie encore à rencontrer

à reconnaître au centre le

lit de cette ivresse insoluble

de cette chair montrée qui

a trop usé de la caressante

rivalité avec le temps avoué

le temps se risquant éternel

partout où l’immonde amour

qui a soif de vie sera dernier

à finir sa folle course tend

attendue allant jusqu’au pire

renflement de la chair cachée.



Thierry Texedre, le 6 février 2026.




sur Dub Deep Techno Mix 2026 | Berlin Dub Edition 


4

(13:/1:00)


Pôle ivresse corps

notes surdité le lien

piano techno

lueur sur la voix

qui trempe livide

ondulation du son

plus fort en coin

lente descente

aux effarentes lueurs

souffle en sourdine

le vol du son

commence sa césure

consacrée au rythme

toujours plus inclus

frange des sons

remodelés jets

lancés lancinants

comme pour faire

de cette face

intérieure le centre

interposé du con

comitent commise

en souffrance lueur

lente de ce sacré

trop éteint pour

encore visiter

ces énumérations

ces cacophonies

ces coups gravés

dans l’oreille

celle internée

un peu pour masquer

ce que la mémoire

dépêche et décompte

à rebours du deuil

du sacré dieu Un

un peu désenclenché

par cette musique

qui musèle

la désincarnée

la vie virtuelle

ordination élective

d’une vie électrique

ventre à terre

toute à l’heure

de ces vérités

encore à sombrer

dans le ventre

abscons du corps.




Thierry Texedre, le 17 février 2026.



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