sur J. S. Bach - Kunst der Fuge , BWV 1080 ; Marta Czech
1
(12:55/1:20:32)
Toucher le sas
rencontre involontaire
du temps décousu
ouvrir le néant
nanti de la parole
hirsute et fendue
l’amour est transit
du reste à cause de la vue
qui frôle l’amalgame
ici bas bond en arrière
jusqu’à cette mémoire
qui que quoi court
à toute vitesse sourde
au paysage rendu possible
renversé par la petite
musique qui sort du gosier
avant d’être entendue
et la peur s’éternise
partout où se tirent
les balles au coin
de la rue sur les phrases
trop noires pourquoi pas
on danse encore
sur un air d’éternité
une petite caresse
s’évertue à toucher
un corps qui n’a plus
de sens ni d’esprit
sauf celui du dehors
sorti de nulle part
et qui s’essaye à
trouver alors sa peau.
2
(24:12/1:20:32)
En quête d’absolu
de cette errance
en rires tombe de loin
le vertige bien oublié
le poids des ivresses
s’étale et se redresse
dans ces champs
contemplés un instant
marche de cette ligne
sans fin au dessus
les étoiles et pourquoi
ces pas longent la rive
lentement au regard
de l’eau absente
de ces pensées enfin
saute sur la plaie
ouverte la plaine
entourée de paroles
qui crient la vie
et crient encore
la vie visitée de-ci
de-là puissance des
pleurs au devant
lourdeur des récits
encore atomisés
le long de ces vagues
ondulant tout en suivant
un récit qui monte
jusqu’au verbe
parcouru à fleur de peau
poussant la vie dansante
au cœur du tremblement
crépuscule tant couché
sur les herbes folles
du désert vibrant
d’une tête attentat
oh souffle sulfureux
rentre dans ta vertu
pour assoiffer le col
utérin qui s’ouvre
depuis l’infini
jusqu’au front déplié.
3
(36:58/1:20:32)
Touchant au vif le réel
ce corps est altéré mais
qu’en est-il de sa voix
il faut encore y revenir
à cette opulente tactique
trouée du désir en récit
retournant sur sa parole
ce sujet clôt semblable
au corps de la dépense
se met en risque celui
de la dépense et poussé
par le renversement né
de la mort il forclos sa
pensée jusqu’au seuil
indéterminé de la chair
de cette chair trop ouverte
pour qu’on l’entende en coin
du dedans jouant aux voix
plurielles celles du songe
qui va et vient dans l’astre
même du corps montré à
vif au cours de cette mesure
l’itinérance du court destin
s’offre en retour au cercle
de la vie encore à rencontrer
à reconnaître au centre le
lit de cette ivresse insoluble
de cette chair montrée qui
a trop usé de la caressante
rivalité avec le temps avoué
le temps se risquant éternel
partout où l’immonde amour
qui a soif de vie sera dernier
à finir sa folle course tend
attendue allant jusqu’au pire
renflement de la chair cachée.
sur Dub Deep Techno Mix 2026 | Berlin Dub Edition
4
(13:/1:00)
Pôle ivresse corps
notes surdité le lien
piano techno
lueur sur la voix
qui trempe livide
ondulation du son
plus fort en coin
lente descente
aux effarentes lueurs
souffle en sourdine
le vol du son
commence sa césure
consacrée au rythme
toujours plus inclus
frange des sons
remodelés jets
lancés lancinants
comme pour faire
de cette face
intérieure le centre
interposé du con
comitent commise
en souffrance lueur
lente de ce sacré
trop éteint pour
encore visiter
ces énumérations
ces cacophonies
ces coups gravés
dans l’oreille
celle internée
un peu pour masquer
ce que la mémoire
dépêche et décompte
à rebours du deuil
du sacré dieu Un
un peu désenclenché
par cette musique
qui musèle
la désincarnée
la vie virtuelle
ordination élective
d’une vie électrique
ventre à terre
toute à l’heure
de ces vérités
encore à sombrer
dans le ventre
abscons du corps.
Thierry Texedre, le 17 février 2026.
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